Nous reparlerons longtemps de la pandémie de 2020, et il faudra sans doute une décennie entière pour cicatriser toutes les blessures et meurtrissures qu'elle aura provoquées, dans les sociétés, dans les gouvernances, dans les économies nationale et internationale, dans les relations entre les pays d'Europe et au-delà.

Unknown

Pendant longtemps encore, on cherchera à comprendre et à chercher à apprendre ce que le Covit-19 aura changé dans nos vies et celles de nos prochains.

 Parole/Parole/Parole...

Les avis seront partagés, et contradictoires autant que les actions durant la crise sanitaire.

Avons-nous eu raison de confiner, de ne pas confiner, de déconfiner rapidement, pas rapidement, de tester, de ne pas tester...

Nous en avons même déjà marre de tous ces discours et de toutes ces analyses d'experts, de contre-experts, de spécialistes en tout genre et de blablateurs de première.

Pourtant, je me risque à vous faire part d'une série d'interrogations personnelles.

Quelques questions 

Quel est le prix des protections auxquelles nous nous attendons dans nos sociétés ? 

L'État est-il notre refuge, notre protecteur, notre sauveur ?
Faut-il accepter, au nom de la sécurité, voire de la santé, tout attendre de lui et se confier exclusivement en ses décisions, ou ses dictats ?

Nos sociétés avancées sont-elles capables de protéger tous les citoyens, des plus jeunes aux plus âgés ?

Pour répondre à ces questions, il vaut mieux ne pas avoir le nez dans le guidon. Aussi vais-je prendre du recul. Beaucoup de recul puisque je vais m'inspirer d'histoires relatées dans la Genèse, le premier livre de la Bible. 

Avouez que prendre plus de recul est difficile !

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 Histoire ancienne, mais pertinente

Quand Abraham quitte la Mésopotamie pour les déserts de Canaan et répond ainsi à l’appel de Dieu, il quitte aussi une ville et une société que l’on peut dire avancées.

Le nomadisme - qui sera désormais sa vie - peut paraître bucolique, sympathique, champêtre et pastoral, c’est aussi et surtout un examen de passage, de passage en passage. 

 Partir

Quitter une société bien établie pour une vie pastorale, c’est devenir berger là où on était mouton. L’errance et la migration sont une espèce de refus, un éloignement de tous les systèmes politiques, économiques et sociétaux trop bien ordonnés, surtout lorsque ces derniers s’organisent autour d’un pouvoir central. 

Or, la Bible se méfie de la ville (et de ce qu'elle représente) depuis que la première a été fondée par un meurtrier nommé Caïn.

C’est sans doute pour cela qu’elle propose toujours un élargissement, provoquant ainsi le mouvement perpétuel, le changement permanent plutôt que la stagnation et l’inertie qui paralysent.

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Retourner

Le nomadisme n’est pas un mode de vie de tout repos pour autant. En effet, dès après que le patriarche a commencé à sillonner le pays promis, de génération en génération, la situation économique fragile l’oblige, lui et sa descendance, à trouver régulièrement des refuges, des lieux de replis. L’attraction de la ville fortifiée devient alors une tentation.

C’est souvent la famine, autrement dit une situation de crise, qui contraint Abraham ou les enfants d’Israël, à trouver le secours dans un retour à la cité, auprès d’un État fort où s’exerce le Pouvoir. L’Égypte en est l’archétype.

L’État offre alors la protection recherchée et espérée, mais c’est au prix de la liberté individuelle. Protégée, Sarah - l'épouse d'Abraham - le sera, mais elle sera aussi confinée dans le harem du pharaon. Protégé et sauvé, Joseph le sera, mais finalement, réduit en esclavage, lui et sa famille, puis tout le peuple hébreu.

Voilà qui mérite réflexion.

 Découvrir

Nous érigeons des systèmes, des régimes, des gouvernances où la protection légitime des citoyens impose des mesures restrictives parfois illégitimes des individus, faisant de ces citoyens des prisonniers volontaires, certes, mais des prisonniers tout de même.

Dans le monde de la criminalité, le parrain (celui qui se substitue au père) protège, mais il réduit également les libertés en contrôlant tout, jusqu’à imposer une certaine forme d’enfermement.

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Les Pharaons ne sont pas tous morts !

La Bible, qui pointe la perversion de nos organisations, nous présente aussi quelqu’un qui protège tout en respectant la liberté de chacun ; celui-là est Amour. C’est la différence entre le Père Éternel et le parrain temporaire.